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Jeannette Alilou, l’avocate engagée au service des entrepreneurs

Quand les entreprises trouvent conseil auprès d’une avocate

Aujourd’hui, Akhawate Business vous présente une entrepreneuse dont l’activité est particulière. Peut-être seriez-vous surpris de découvrir que notre lauréate du jour, Jeannette Alilou, est une avocate qui travaille au quotidien avec des entrepreneurs et qui se distingue également par son engagement associatif pour la finance islamique auprès de l’aidimm.

N’oubliez pas d’écouter la suite de son interview disponible à la fin de l’article.

Jeannette, vous êtes avocate. Quel est précisément votre parcours ?

Mon parcours est somme toute assez classique. J’ai poursuivi mes études de droit au sein de l’université PARIS V – René Descartes. A l’issue du Master 2 en droit des affaires, j’ai préparé le concours pour l’accession à la profession d’avocat.
A l’issue l’obtention du CAPA en 2009, j’ai pu commencer à exercer en 2010.

En tant que professionnelle libérale, vous êtes aussi entrepreneuse musulmane ; présentez-nous votre activité

Mon entreprise réuni deux aspects : d’une part, mon but est d’apporter une prestation de service en conseil en droit des affaires et d’autre part, j’attache beaucoup d’importance aux valeurs et conditions dans lesquelles j’exerce.
En me concentrant sur le conseil et l’accompagnement des entrepreneurs, mon rôle est d’apporter les renseignements et informations qui permettent de pérenniser une activité commerciale.

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Est-ce la première fois que vous vous lancez dans un tel projet ?

Oui. En poursuivant mes études, je ne me projetais pas en tant que profession libérale. En l’absence d’un des mes stages qui a été déterminant, je me serai tourné vers un emploi de juriste en entreprise.

Comment avez-vous eu cette idée ?

Le droit m’a toujours intéressé. Le déclic a été lors de la présentation faite par un étudiant en droit au collège. Depuis lors, je savais que je ferai un métier du droit.

Lequel de vos services tenez-vous à nous présenter ?

Mon service phare est l’accompagnement des entrepreneurs dans leur projet de création. Avec la multiplication des dossiers et la formation au sein de petit cabinet, j’ai pu acquérir et développer un savoir-faire en la matière et ainsi aider les entrepreneurs à anticipé les difficultés pour débuter dans les meilleurs conditions.

Côté organisation, décrivez-nous votre journée type

Mes journées se partagent entre la vie du cabinet auquel que je suis rattaché, le travail sur ma clientèle personnelle et les rendez-vous de contact et de développement d’activité.
Entre 9h et 20h : l’essentiel de mon temps se réparti entre la rédaction des actes, les consultations téléphonique, les gestion des emails et correspondances.
Les heures de déjeuner ou dîner sont souvent consacrés à des rendez-vous de contact, clients potentiels, et personne avec des compétences complémentaires permettant ainsi d’alimenter mon réseau.

L’argent est souvent un problème pour les entrepreneuses, comment avez-vous financé votre entreprise ?

Le fonds de roulement de départ a été constitué par l’épargne de plusieurs salaires. En effet, avant de me lancer dans mon cœur d’activité, il m’a été nécessaire d’occuper un poste salarié pour me permettre de démarrer mon activité.
De même, le système actuel me donne l’opportunité travailler en tant que libéral pour un cabinet existant, ce qui permet de générer un fonds de roulement.

Quand on est entrepreneuse, on aimerait souvent déléguer pour se consacrer au cœur de son activité. Imaginez que vous pouvez embaucher, pour quel poste ce serait ?

Un(e) assistant(e) juridique et administratif afin de gérer les suivis des dossiers, de la facturation et la comptabilité.

Quand vous pensez à ce que vous avez réalisé avec ce projet, quelle est votre plus grande fierté ?

Ma plus grande fierté a été l’aide et le conseil que j’ai pu apporter à un groupe de jeunes entrepreneurs. Au démarrage, ils étaient 5 avec un petit capital, aujourd’hui ils sont à la tête de plusieurs sociétés avec un chiffre d’affaires de 300 000€ annuel et une dizaine de salariés, et cela malgré leur jeunesse (- de 27 ans).
Ma contribution a été de les former et de professionnaliser leur projet pour atteindre les objectifs qu’ils avaient définis.

Qu’est-ce que vous vous êtes offerte avec votre premier salaire ?

Mon premier sac à main de marque : )) .

Quelle est votre astuce pour allier vie personnelle (ex: famille) et vie professionnelle ?

L’organisation ! mon agenda est souvent fixé des semaines à l’avance pour consacrer du temps à tous mes centres d’intérêts y compris associatifs.

Dans quelle mesure intégrez-vous l’éthique musulmane dans votre entreprise ?

Mon éthique et mes valeurs m’accompagnent au quotidien. La sincérité et l’honnêteté dans la démarche et la relation avec le client sont primordiales.
Cela se traduit par exemple par une transparence sur le budget et le refus de contribuer à des activités qui ne sont pas conformes à mon éthique.

Jeannette, vous travaillez avec et pour les entrepreneurs. A votre avis, comment peut-on améliorer la situation des entrepreneuses musulmanes ?

Cela peut être amélioré par le partage de savoir-faire et l’entraide. Ce qui caractérise souvent l’entrepreneuse musulmane est la solitude et le manque de professionnalisme.
L’échange avec d’autre entrepreneuse est un moyen de garder courage dans les moments difficiles et de continuer à apprendre et progresser pour pérenniser une activité commerciale.

A quoi ressemblerait votre réussite ?

Pour moi réussir, c’est voir la fierté dans le regard de mes parents.

Pour terminer, avez-vous une anecdote potache à nous raconter ?

Ma première audience au Tribunal de Grande Instance de Bobigny : c’est la première fois que je dois assurer une audience seule en tant qu’avocate.
Ne connaissant pas le tribunal, j’arrive très en avance pour être sûre d’être à l’heure.
Je me présente devant le greffier qui en réponse de mon « bonjour » m’indique sans doute devant ma jeunesse : « le magistrat refuse les stagiaires, seuls les avocats peuvent plaider ». Ce à quoi je répond que je suis avocat (depuis seulement quelques jours) et me hâte de mettre la robe afin d’affirmer mon statut.
Je me présente donc devant la salle d’audience et bien sûr avec l’avance prise je suis la première.
L’heure de convocation approche, le couloir se remplit des mes confrères accompagnés pour certain de leurs clients. Afin de ma familiariser avec le système, je me met en retrait pour observer mes confères et le procédure avant de me lancer.
La porte du bureau du magistrat s’ouvre, et le greffier indique que : « première affaire ». Un des avocats parlant avec un autre avocat se tourne vers moi et dit « c’est à notre confrère de commencer ».
En entendant cette phrase, et oubliant mon statut d’avocat, je me retourne pour voir de quel confrère parle-t-on… En effet, il s’agit de nul autre que moi… -_-’ et prenant mon courage à deux mains, je me suis lancée face à l’assistance en terrain inconnue en complète improvisation pour ma première audience.

 

Cette année, Akhawate Business vous propose, en plus d’un article qui consacre les lauréates de la quinzaine, une interview enregistrée et mise en ligne sur notre chaine Youtube.

Ecoutez Maintenant la suite de l’interview de Jeannette Alilou

Un bel exemple pour notre oumma, qui doit s’intéresser à tous les secteurs d’activités, notamment le droit. Rejoignez Jeannette Alilou sur LinkedIn.

Akhawate Business

Akhawate Business oeuvre pour la promotion de l'entrepreneuriat féminin selon l'éthique musulmane

5 Responses to Jeannette Alilou, l’avocate engagée au service des entrepreneurs

  1. Salamou alaykoum, ma cha ALLAh, quel beau parcours, qu’ALLAH vous facilite et vous accorde le succès !

  2. As-salamû’ alayki,

    Mâ shâ’a Allah, on a besoin de personnes compétentes comme vous.
    Akhawates Business devrait créer un annuaire regroupant toutes les entrepreneuses musulmanes ^_^ utiles à notre communauté.

  3. Hanane says:

    Salam alaykoum,

    Un beau parcours Allahumma barek! Je suis moi même juriste d’entreprise de profession et c’est intéressant de voir que l’on peut être avocat et concentrer son activité essentiellement sur le conseil. Nos professions sont quasi similaires, mais avec le titre prestigieux en plus ou en moins :-).

  4. Sophie says:

    Un contact à garder précieusement ))) Très beau parcours et surtout un beau projet. +1 pour l’annuaire ))

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